Ecole vénitienne vers 1550, atelier du Titien. Vénus et l’Amour.

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Artiste : Le Titien, atelier vers 1550
Epoque : 16è siècle
Style : Renaissance
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 68.5 cm, 88 cm avec le cadre
Largeur : 52 cm, 72 cm avec le cadre

8800 

Galerie PhC, Philippe Caudroit
Museumarte sas
31 rue Andre Beury
10000 Troyes
Philippecaudroit@hotmail.com
0662098900
Ecole vénitienne vers 1550, atelier du Titien. Vénus et l’Amour. Toile rentoilée de 68.5 cm par 52 cm. Cadre ancien de 88 cm par 72 m. Monogramme illisible en bas à gauche Dans un intérieur théâtral ouvert sur un paysage, une jeune femme nue est représentée allongée, accompagnée de l’Amour. Étendue sur de riches étoffes aux tonalités chaudes, elle adopte une pose à la fois abandonnée et savamment construite : le buste légèrement relevé, une jambe fléchie et l’autre étendue composent une longue diagonale qui organise l’ensemble de la scène. La sophistication de la coiffure, agrémentée de rubans bleus, ainsi que les bijoux — bracelet et bague — accentuent le caractère précieux et sensuel de la représentation. Le rouge profond de la tenture et les draperies jaune-or forment un écrin coloré autour de la carnation claire de la figure. L’ouverture sur le paysage, à droite, apporte profondeur et lumière à cette composition essentiellement conçue autour du nu féminin. Par son sujet, sa gamme chromatique et surtout la conception de la figure allongée, l’œuvre s’inscrit dans la tradition du nu féminin vénitien développée par Titien et son atelier au milieu du XVIe siècle. Elle présente notamment un rapprochement remarquable avec la première Danaé peinte par Titien pour le cardinal Alessandro Farnèse en 1544-1545, aujourd’hui au Museo e Real Bosco di Capodimonte à Naples. Dans cette première version, Danaé est elle aussi accompagnée de Cupidon et parée d’un bracelet et d’une bague. La proximité concerne plus particulièrement la construction du corps : disposition du buste, élévation du genou, prolongement de la jambe, modelé de l’abdomen et attitude générale de la figure. La composition ne constitue cependant pas une copie de la Danaé. Le modèle titianesque paraît ici avoir été librement réinterprété et adapté à une représentation de Vénus et l’Amour. Cette pratique de la variation autour du nu féminin est caractéristique de la production de Titien et de son entourage. Durant les années 1550, le maître développe plusieurs compositions associant Vénus allongée, Cupidon et l’ouverture sur un paysage, dont les différentes versions témoignent de la circulation et de la transformation de modèles au sein de son atelier. L’œuvre peut ainsi être située dans le milieu vénitien vers 1550, dans l’atelier ou l’entourage immédiat du Titien, à une époque où les inventions mythologiques du maître connaissent de nombreuses variantes et réinterprétations. Des traces anciennes, aujourd’hui difficilement lisibles, sont visibles dans la couche picturale en partie inférieure gauche. Leur état de conservation ne permet pas, en l’état actuel, d’en proposer une lecture certaine. L’atelier du Titien au milieu du XVIe siècle Au milieu du XVIe siècle, Titien (Tiziano Vecellio, vers 1488/1490-1576) est à la tête de l’un des ateliers les plus importants de Venise. Sa renommée, devenue européenne, lui vaut les commandes des grandes familles italiennes ainsi que celles des cours impériale et espagnole. Pour répondre à cette demande considérable, le maître s’entoure de collaborateurs chargés de participer à l’exécution de ses œuvres, mais aussi de reprendre et d’adapter les compositions qui avaient rencontré le plus grand succès. L’atelier ne doit donc pas être compris comme un simple lieu de copie. Il constitue également un véritable répertoire de modèles et d’inventions. Les compositions créées par Titien pouvaient y être conservées, reprises puis transformées. Les recherches techniques ont montré que certaines œuvres étaient élaborées à partir d’un modèle antérieur, auquel étaient apportées des modifications concernant les gestes, le paysage, les accessoires ou la couleur. Le musée du Prado a ainsi démontré, à propos des différentes versions de Saint Jean-Baptiste, comment une même invention pouvait donner naissance, sur plusieurs décennies, à des œuvres sensiblement différentes. Cette pratique est particulièrement importante dans les compositions profanes et mythologiques. Des figures inventées pour une œuvre pouvaient être réutilisées dans une autre, isolées de leur contexte initial ou associées à de nouveaux personnages. La National Gallery of Art souligne ainsi que certaines figures apparaissent, ensemble ou séparément, dans de nombreuses variantes réalisées par Titien et son atelier au cours des années 1550 et 1560. Le cas de la Vénus au miroir est particulièrement révélateur. La composition est connue par au moins une trentaine de variantes exécutées par Titien et son atelier. Le maître conserva lui-même pendant de nombreuses années une version de grande qualité, qui put servir de modèle aux collaborateurs de la bottega et permettre la réalisation de nouvelles versions destinées aux commanditaires. Cette organisation explique également pourquoi la distinction entre une œuvre entièrement autographe, une œuvre réalisée avec la participation du maître et une production de son atelier demeure parfois délicate. Titien pouvait intervenir à différents moments du processus, tandis que ses assistants travaillaient à partir de ses inventions. La National Gallery of Art souligne ainsi qu’il est parfois impossible de tracer une frontière absolue entre l’œuvre personnelle du maître et certaines productions de sa bottega. Parmi les modèles qui connurent une importante postérité figure naturellement celui de Danaé. Titien réalisa une première version pour le cardinal Alessandro Farnèse à Rome en 1544-1545, dans laquelle la princesse nue est accompagnée de Cupidon. Quelques années plus tard, il reprit cette invention pour Philippe II d’Espagne, en remplaçant Cupidon par une vieille servante. Cette nouvelle version devint à son tour le point de départ de plusieurs répliques et variantes. Ainsi, l’expression « Atelier du Titien » désigne des œuvres réalisées dans l’environnement immédiat du maître, à partir de ses inventions et de ses modèles, mais dont l’exécution ne peut être attribuée avec suffisamment de certitude à Titien lui-même. Elle se distingue de la notion plus large de « suiveur » ou d’« école du Titien », qui peut désigner un artiste extérieur à l’atelier adoptant simplement son langage. Dans le cas de la présente Vénus et l’Amour, datable autour de 1550, le rapprochement avec le milieu de l’atelier prend tout son sens par la reprise d’un type de nu féminin étroitement apparenté aux inventions mythologiques de Titien et, plus particulièrement, par les analogies avec la première Danaé Farnèse de 1544-1545. La figure semble cependant avoir été librement adaptée à une composition différente : le modèle titianesque n’est pas simplement copié, mais réinterprété dans une nouvelle représentation de Vénus accompagnée de l’Amour. Cette circulation et cette transformation des modèles constituent précisément l’une des caractéristiques essentielles du fonctionnement de l’atelier de Titien au milieu du XVIe siècle.