La chasse aux oiseaux, chinoiserie attribuée à l’atelier De François Boucher vers 1750.
Artiste : Atelier De François Boucher
Epoque : 18è siècle
Style : Louis XV
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 59 cm, 75 cm avec le cadre
Largeur : 46 cm, 61 cm avec le cadre
8800 €
Galerie PhC, Philippe Caudroit
Museumarte sas
31 rue Andre Beury
10000 Troyes
0662098900
La chasse aux oiseaux, chinoiserie attribuée à l’atelier De François Boucher vers 1750.
Toile rentoilée de 59 cm par 46 cm.
Cadre ancien de 75 cm par 61 cm.
Cette composition s’inscrit dans la série des scènes de chinoiseries développées par François Boucher au début des années 1740, notamment à l’occasion des cartons exécutés pour la manufacture de Beauvais. Elle reprend le thème de La Chasse chinoise, caractéristique du goût rocaille pour l’Extrême-Orient fantasmé, mêlant élégance décorative et narration galante. C’est une réplique d’atelier, avec des variantes, du tableau qu’on peut admirer au musée de Besançon.
La scène se déploie dans un paysage animé : au premier plan, plusieurs figures vêtues à la mode chinoise idéalisée s’occupent d’oiseaux capturés. Une jeune femme assise, au teint délicatement rosé, examine un oiseau qu’elle tient avec grâce, tandis qu’une autre figure féminine, tournée vers un personnage masculin coiffé d’un chapeau conique rouge, anime la composition par un geste souple et théâtral. À gauche, des enfants participent à la scène avec une spontanéité charmante, l’un tenant un filet, l’autre observant les oiseaux.
L’arrière-plan s’ouvre sur un pavillon ajouré et un paysage lacustre ponctué d’architectures légères, de végétation exotique stylisée et d’oiseaux en vol, créant un équilibre entre décor et profondeur atmosphérique.
La palette, dominée par des tonalités pastel, roses corail, bleus laiteux, verts tendres ainsi que la grâce allongée des figures féminines, renvoient directement au vocabulaire stylistique de François Boucher dans les années 1740. Le traitement des carnations, modelées par superpositions fines et rehauts rosés, ainsi que la fluidité décorative des drapés, témoignent d’une exécution issue de son cercle immédiat.
La touche, précise et appliquée, présente une construction méthodique des formes et des transitions légèrement plus marquées que dans les œuvres autographes les plus abouties du maître, suggérant l’intervention d’un collaborateur actif au sein de l’atelier, possiblement Jean-Baptiste Le Prince. Le caractère décoratif affirmé de la végétation et la fidélité à la composition originale militent en faveur d’une version exécutée sous la direction du maître, probablement destinée à un commanditaire privé.
Par ses qualités picturales et sa proximité stylistique avec les inventions de Boucher, cette œuvre peut être raisonnablement attribuée à l’atelier de François Boucher, vers le milieu du XVIIIe siècle.
L’atelier de François Boucher
Au milieu du XVIIIᵉ siècle, l’atelier de François Boucher constitue l’un des centres de production artistique les plus actifs et influents de Paris. Peintre favori de la cour et figure majeure du goût rocaille, Boucher développe un système d’atelier particulièrement structuré, capable de répondre à une demande considérable émanant de l’aristocratie, des collectionneurs privés et des manufactures royales.
Une production abondante et diversifiée
Boucher ne se limite pas à la peinture de chevalet : il fournit des cartons pour la tapisserie (notamment pour Beauvais), conçoit des modèles pour la porcelaine de Sèvres, réalise des dessus-de-porte, des décors de boiseries, ainsi que des compositions mythologiques, pastorales ou de chinoiseries. Cette diversité implique une organisation d’atelier efficace, où assistants et élèves participent activement à l’exécution des œuvres.
Un style immédiatement reconnaissable
Le langage pictural développé par Boucher, lignes souples, coloris clairs et nacrés, carnations lumineuses aux tons rosés, compositions dynamiques et décoratives, constitue une véritable “marque d’atelier”. Les assistants sont formés à reproduire fidèlement ce vocabulaire formel, ce qui explique la proximité stylistique entre certaines œuvres autographes et les versions d’atelier.
Les élèves et collaborateurs
Plusieurs artistes passent par l’atelier de Boucher et diffusent ensuite son esthétique. Parmi eux figurent notamment : Jean-Baptiste Le Prince, actif dans les années 1750, Jean-Baptiste Huet, qui développera une carrière importante dans la peinture décorative et animalière.
Atelier et diffusion du goût rocaille
L’atelier joue un rôle déterminant dans la diffusion européenne du style rococo français. Les compositions de Boucher sont copiées, adaptées, transformées en gravures ou en tapisseries, contribuant à établir un répertoire iconographique largement diffusé.













