Ecole florentine, vers 1625-1635. David et Goliath attribué à Francesco Lupicini (1591-1656).
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Artiste : Francesco Lupicini (1591-1656) attribué.
Epoque : 1è siècle
Style : Louis XIII
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 95 cm, 118 cm avec le cadre
Largeur : 76 cm, 99 cm avec le cadre
13800 €
Francesco Lupicini
Florence, 1591 – Saragosse, vers 1656
Francesco Lupicini est un peintre florentin du XVIIe siècle dont la personnalité artistique, longtemps demeurée dans l’ombre, se précise aujourd’hui grâce à la redécouverte progressive de ses œuvres et aux recherches récentes qui permettent de mieux reconstituer son parcours entre la Toscane et l’Espagne.
Né à Florence en 1591, il appartient à une famille liée au milieu artistique et marchand florentin. Sa formation s’inscrit pleinement dans la tradition picturale de la ville au début du Seicento. Il se forme dans l’entourage de Cristofano Allori, dont il est le neveu et avec lequel il collabore, puis auprès de Matteo Rosselli. Son langage conserve également des affinités avec la peinture de Cigoli et avec cette génération florentine qui associe primauté du dessin, élégance des figures et intérêt croissant pour les effets de clair-obscur. Une source florentine du XVIIe siècle rapporte notamment que Lupicini achève une Annonciation commencée par Cristofano Allori pour l’église San Frediano de Florence.
L’activité toscane de Lupicini se concentre principalement dans les années 1620 et dans la première moitié des années 1630. En 1625, il achève La Chute de la manne dans le désert, destinée au maître-autel de l’église Santa Maria del Carmine de Pistoia. À cette période appartient également Marthe réprimandant sa sœur Marie-Madeleine, aujourd’hui conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne, œuvre qui témoigne de son appartenance à la culture florentine tout en affirmant une personnalité déjà reconnaissable.
Dans ces œuvres florentines, Lupicini développe une peinture raffinée où la solidité du dessin s’allie à un modelé délicat des carnations. Ses figures, souvent élégantes et intériorisées, se détachent sur des fonds assombris par un clair-obscur plus accentué que chez son maître Matteo Rosselli. Les couleurs sont volontiers assourdies et la lumière devient un moyen de caractérisation psychologique autant que de construction des volumes.
Cette évolution apparaît particulièrement dans son Triomphe de David, aujourd’hui situé par Francesca Baldassari dans la période florentine de l’artiste, vers 1625-1635. Partant d'un modèle de Matteo Rosselli, Lupicini en transforme sensiblement l'atmosphère : le clair-obscur s'intensifie et David perd une partie de son caractère triomphal pour devenir un héros plus méditatif et mélancolique. Le peintre reprend le personnage biblique dans un autre David et Goliath, peint sur cuivre, publié par Francesca Baldassari en 2016.
Vers le milieu des années 1630, Lupicini quitte Florence pour l'Espagne. Les recherches récentes permettent de mieux comprendre ce déplacement et les réseaux qui l'accompagnent. Il rejoint un milieu de marchands florentins et génois établis en Aragon et s'installe principalement à Saragosse, où son frère Lupicino, homme d'affaires et marchand d'art, contribue vraisemblablement à favoriser son insertion professionnelle.
Son installation espagnole ouvre une seconde période de sa carrière. À Saragosse, Lupicini reçoit des commandes religieuses importantes et adapte progressivement sa culture florentine au goût aragonais. Il travaille notamment pour le couvent de San Agustín et intervient dans le décor de la cathédrale du Salvador — la Seo de Saragosse. Les sources espagnoles anciennes gardent le souvenir d'un peintre estimé pour la noblesse de ses figures, leur expression et la simplicité de leurs attitudes.
Lupicini demeure actif à Saragosse pendant plusieurs décennies. En 1652, il est encore documenté dans la ville à l'occasion d'une expertise concernant un retable destiné au couvent de San Miguel de los Navarros. En 1655, il contracte avec la corporation des charpentiers de Saragosse pour un ensemble de peintures consacré à saint Joseph destiné à leur chapelle de Santa Engracia, commande qui ne semble toutefois pas avoir été menée à son terme. Les sources espagnoles situent sa mort à Saragosse, vers 1656.
La carrière espagnole de Lupicini explique en partie l'effacement historiographique dont il souffre pendant plusieurs siècles. Ayant quitté relativement jeune Florence pour s'établir définitivement en Espagne, il échappe à l'attention de certains des grands biographes de l'école florentine. Par ailleurs, plusieurs de ses œuvres sont longtemps attribuées à d'autres peintres ou confondues avec celles d'autres membres de la famille Lupicini.
La redécouverte de son œuvre s'effectue progressivement à partir de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. Les travaux de Francesca Baldassari contribuent particulièrement à restituer à Lupicini plusieurs peintures et à préciser les caractéristiques de sa période florentine. Plus récemment, les recherches d'Álvaro Vicente Romeo renouvellent considérablement la connaissance de l'artiste. Sa monographie Francesco Lupicini, caballero noble florentín. Un pintor entre la Toscana y Aragón (1591-h. 1656) rassemble et réévalue le corpus connu, les œuvres documentées et les nombreuses archives conservées à Saragosse, tout en replaçant le peintre dans les réseaux artistiques et marchands qui relient alors Florence à l'Aragon.
Francesco Lupicini apparaît ainsi aujourd'hui comme une personnalité originale du baroque florentin du deuxième quart du XVIIe siècle, mais également comme un intermédiaire important entre les cultures picturales toscane et espagnole. Sa peinture associe la tradition florentine du dessin et de la beauté idéale à un clair-obscur plus appuyé, une palette souvent retenue et une sensibilité particulière à l'intériorité des figures. Ses jeunes personnages, élégants et parfois sensuels, se distinguent notamment par une expression méditative qui tempère le caractère narratif ou héroïque des sujets représentés.
La reconstitution encore récente de son catalogue explique enfin que son œuvre demeure aujourd'hui un champ de recherche actif, dans lequel de nouvelles attributions permettent progressivement de mieux mesurer l'importance de ce peintre longtemps méconnu.






















