Pierre Mignard (1612-1695) attribué. Apollon et Daphné transformée en arbre de laurier sur fond or vers 1660

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Artiste : Pierre Mignard (1612-1695) attribué.
Epoque : 17ème siècle
Style : Louis XIV
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur panneau
Longueur : 86 cm, 102 cm avec le cadre
Largeur : 45 cm, 61 cm avec le cadre

15800 

Galerie PhC, Philippe Caudroit
Museumarte sas
31 rue Andre Beury
10000 Troyes
0662098900
Pierre Mignard (1612-1695) attribué. Apollon et Daphné transformée en arbre de laurier sur fond or vers 1660 Huile sur panneau de 86 cm par 44.5 cm Cadre ancien du 17è siècle de 102 cm par 61 cm Provenance : Famille de Rothschild, Paris jusqu’au début du 20è siècle puis donation et successions.   Les cabinets d’or du XVIIè siècle A partir du milieu du 17è siècle, les décorations sur fond or se multiplient dans les palais et hôtels particuliers de l’aristocratie. Beaucoup sont à jamais perdues mais certaines nous sont heureusement parvenues in situ comme à l’hôtel de Lauzun à Paris ou ont été décrochées avant la destruction des murs (hôtel Hervart…) ou avant la modification complète de la décoration comme aux Tuileries par décision de Napoléon Ier (ce qui les sauva de l’incendie de 1870, soit dit en passant) Il est difficile de déterminer avec précision l’emplacement d’origine de notre panneau, cependant certaines pistes s’offrent à nous. L’une des plus sérieuses est l’hotel d’Hervart et son salon Apollon qui était aux dires d’un contemporain " la plus belle Chambre qui soit à Paris pour les Peintures ". La Maison Artcurial a vendu en novembre 2020 (25000€) un panneau également de trois planches, de la même largeur et plus petit de 15 cm en longueur. (Apollon enseignant la médecine à Esculape). Ces similitudes peuvent faire penser à une même provenance possible dans cet hôtel particulier. De plus Pierre Mignard a travaillé à la décoration de cet hôtel de 1662 à 1664, ce qui renforce cette hypothèse. On ne peut cependant exclure d’autres hypothèses dont la plus prestigieuse, l’appartement de Louis XIV aux Tuileries avec notamment la chambre du roi. Le plafond de la grande alcôve du roi peint par Nicolas Mignard a d’ailleurs été retrouvé, il est exposé au musée des Beaux-Arts de Lille (le jugement de Midas avec à sa droite Apollon et à sa gauche Marsyas). La chambre du grand Dauphin a quant à elle été décorée par les Champaigne. Tous les autres palais sont également possibles : Meudon, Saint Cloud, Montceaux les Meaux…   Le mythe d’Apollon et de de Daphné Eros a décoché deux flèches, une en or et l’autre en plomb, Apollon reçoit celle en or et tombe éperdument amoureux de Daphné. Cependant pour Daphné, c’est de la flèche en plomb dont il s’agit. La nature du métal l’empêche par conséquent de tomber amoureuse également, bien au contraire, elle fuit, elle s’enfuit même. Apollon aura beau courir après sa dulcinée, rien n’y fera. Lassée, Daphné demande à Gaia de la transformer en Arbre, en laurier pour être précis qui est l’arbre préféré d’Apollon. Il est d’ailleurs toujours représenté avec une couronne de laurier sur la tête. Une fois la métamorphose réalisée, Apollon n’a qu’une chose à faire pour montrer à Gaia (que suggère ce doigt dressé vers le ciel) que son Amour n’est pas vain et qu’il continuera à s’occuper de Daphné en arrosant l’arbre, la seule chose qu’il puisse faire à ce moment précis. L’iconographie de notre tableau est très rare. Généralement est représentée la course poursuite entre Apollon et Daphné puis la transformation de Daphné en arbre de laurier mais, même dans ce cas, on voit toujours son corps avec ses membres qui finissent en branches mais elle n’est jamais représentée complètement métamorphosée, de plus son visage est toujours visible.   Pierre Mignard (1612-1695) L’apprentissage de Mignard se fait à Bourges avant qu’il n’étudie les grands décors de Fontainebleau puis entre dans l’atelier de Vouet. En 1635, il part pour l’Italie et y demeure vingt ans, réalisant de grandes compositions, des tableaux de dévotion, dont les Vierges connues sous l’appellation de « mignardes », des portraits de style bolonais (en 1654, il voyage à Bologne et Venise). De retour à Paris en 1658, protégé de Mazarin, Mignard peint le portrait du roi et multiplie les grandes décorations dans les hôtels de l'aristocratie. Mais il doit affronter la concurrence de Charles Le Brun qui a le soutien de Colbert. Il obtient toutefois de prestigieuses commandes qui culminent avec le décor (détruit) du château de Saint-Cloud, peint pour Monsieur, frère du roi Louis XIV, autour de 1680. Grâce à l’appui de Louvois, il supplante Le Brun dans la faveur royale et lui succède à sa mort en 1690.